Si chanter c’est prier deux fois, danser le fait davantage.*
La prière en mouvement
Loin des idées reçues, on peut prier en dansant ou en se laissant toucher par la danse d’autres personnes. À ce moment, le corps se met à exprimer ce qui déborde du cœur. C’est une forme de prière bien incarnée qui implique toutes les dimensions de la personne, une prière avec les yeux ouverts et les membres qui bougent. Louange et joie, supplication, abandon, action de grâce : les mouvements intérieurs et les mouvements extérieurs se mettent en concordance, au rythme d’une musique chantée ou instrumentale. Le Seigneur lui-même nous invite à entrer dans la danse qu’il mène depuis l’aube de notre monde.
(*Père Antoine de Padoue Pooda, prêtre du Burkina Faso)
La danse est un cri vers l’amour
À 81 ans, le frère Alain de la Croix, de la communauté des Frères de Saint-Jean en France, renoue avec la danse classique, qu’il avait pratiquée puis abandonnée pendant son enfance. Son témoignage émouvant établit des ponts entre la vie spirituelle et l’art de la danse.
La joie d’accueillir le Christ s’extériorise à travers le corps
Frère Bovary Leho, dominicain originaire du Congo-Brazzaville, explique pourquoi la danse est si essentielle à la prière commune et à la liturgie en Afrique. Grâce aux images tournées à Douala et à Yaoudé au Cameroun, on peut sentir la communion et la joie apportées par cette manière de prier.
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Danses inspirées et inspirantes
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Le site jésuite de spiritualité Prie en chemin propose une méditation sur un extrait vidéo émouvant et même poignant tiré du film Pina de Wim Wenders sur la chorégraphe Pina Bausch (2011).
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Sur la page YouTube du site dominicain de spiritualité Prier dans la ville, on trouve la vidéo d’une chorégraphie intitulée Quand nous vite l’astre d’en haut, interprétée par Aurélie Gast à l’occasion de l’Avent 2015. À méditer!
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Un hymne de Sydney Bertram Carter
Le Seigneur de la danse
Je dansais le matin lorsque le monde naquit,
je dansais entouré de la lune, des étoiles, du soleil,
je descendis du ciel et dansais sur la terre
et je vins au monde à Bethléem.
Dansez où que vous soyez, car, dit-Il,
je suis le Seigneur de la danse
je mènerai votre danse à tous, où que vous soyez, dit-Il,
je mènerai votre danse à tous.
Je dansais pour le scribe et pour le pharisien
mais eux n’ont voulu ni danser ni me suivre ;
je dansais pour les pêcheurs, pour Jacques et pour Jean,
eux m’ont suivi et ils sont entrés dans la danse.
Je dansais le jour du Sabbat,
je guéris le paralytique,
les saintes gens disaient que c’était une honte.
Ils m’ont fouetté, m’ont laissé nu
et m’ont pendu bien haut sur une Croix pour y mourir…
Je dansais le Vendredi quand le ciel devint ténèbres,
il est difficile de danser avec le démon sur le dos !
Ils ont enseveli mon corps et ont cru que c’était fini,
mais je suis la danse et je mène toujours le ballet.
Ils ont voulu me supprimer,
mais j’ai rebondi plus haut encore
car je suis la Vie, la Vie qui ne saurait mourir.
Je vivrai en vous, si vous vivez en moi car, dit-Il,
je suis le Seigneur de la danse. Ainsi soit-il.
Sydney Carter
poète et musicien anglais du XXe siècle
Visuels © Depositphotos; montage : JR