Teresa Sánchez de Cepeda Dávila y Ahumada est née le 28 mars 1515 à Avila en Castille (Espagne).
Elle devient religieuse dans l’ordre du Carmel sous le nom de Thérèse de Jésus.
Elle devient religieuse dans l’ordre du Carmel sous le nom de Thérèse de Jésus.
Mystique, elle propose dans ses écrits une réflexion profonde sur le cheminement spirituel.
Le 27 septembre 1970, elle devient la première femme à obtenir le titre de docteure de l'Église.
Parmi les nombreux écrits que Thérèse d’Avila a laissés, on trouve des poèmes où elle exprime toute la ferveur amoureuse de sa vie spirituelle. Pour parler de sa relation avec Dieu, elle utilise des métaphores inspirées par le livre biblique du Cantique des Cantiques et par la littérature médiévale de l’amour courtois.
Seigneur, dans le silence de ce jour naissant,
je viens te demander la paix, la sagesse et la force.
Je veux regarder aujourd’hui le monde
avec des yeux remplis d’amour ;
être patiente, compréhensive et douce,
voir au-delà des apparences tes enfants
comme Tu les vois Toi-même
et ainsi ne voir que le bien en chacun d’eux.
Ferme mes oreilles à toute calomnie,
garde ma langue de toute malveillance ;
que seules les paroles qui bénissent
demeurent dans mon esprit.
Que je sois si bienveillante et si joyeuse
que tous ceux qui m’approchent sentent Ta présence.
Ô Seigneur, revêts-moi de Ta beauté
et qu’au long de ce jour je Te révèle.
Amen.
Que rien ne te trouble,
Que rien ne t’effraie.
Tout passe, Dieu ne change pas.
La patience obtient tout.
À qui possède Dieu, rien ne manque.
Dieu seul suffit.
(Texte trouvé dans le livre de prière de sainte Thérèse après sa mort)
Prières en poche. Saine Thérèse d’Avila, Paris, Artège, 2016.
Prier 15 jours avec Thérèse d’Avila, Jean Abiven, Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité, 2018.
Claire Bretécher, La vie passionnée de Thérèse d’Avila, Paris, Dargaud, 2007.
Par un matin torride dans la Castille du XVIe siècle, Thérèse d'Avila s'en allait sur son âne. C'est ainsi que commence l'histoire de la sainte, dessinée par Claire Bretécher. Tout ce qui fait le quotidien de cette religieuse hors du commun est brossé avec humour dans cette bande dessinée unique en son genre.
Christiane Rancé, La passion de Thérèse d'Avila, Paris, Albin Michel, 2015.
Christiane Rancé, romancière, essayiste et biographe, retrace l'incroyable parcours d'une femme d'exception, lancée à la conquête d'elle-même et du Ciel, au cœur d’une époque bien particulière, celle du Siècle d’Or espagnol.
Souveraine Majesté, Éternelle Sagesse,
Bonté douce à mon âme.
Dieu, mon Seigneur,
Que veux-tu faire de moi ?
Je suis tienne, puisque tu m’as créée ;
Tienne, puisque tu m’as rachetée ;
Tienne, puisque tu m’as supportée ;
Tienne, puisque tu m’as appelée ;
Tienne, puisque tu m’as attendue ;
Tienne, puisque je ne me suis pas perdue.
Voici mon cœur, je le remets entre tes mains.
Voici mon corps, ma vie, mon âme,
Ma tendresse et mon amour.
Je suis tienne, pour toi je suis née,
Que veux-tu faire de moi ?
Si cet amour que tu me portes,
Mon Dieu, est comme celui que je te porte,
Dis-moi où est-ce que je m'arrête ?
Et toi, où t’arrêtes-tu ?
— Âme, que veux-tu de moi ?
— Mon Dieu, rien de moins que te voir.
— Et que crains-tu le plus de toi ?
— Ce que je crains le plus : te perdre.
Une âme cachée en Dieu,
Que peut-elle désirer,
Sinon aimer, aimer encore.
Et, dans l'amour tout embrasée,
Recommencer à aimer.
Je te demande un amour qui me remplisse.
Que mon âme, ô mon Dieu, te possède !
Je me suis toute livrée et donnée,
Et il se fit un tel échange
Que mon Bien-Aimé est à moi,
Et je suis à mon Bien-Aimé.
Quand le doux chasseur tira sur moi
Et me laissa tout épuisée ;
Alors dans les bras de l'amour,
Mon âme tomba et demeura.
Et reprenant nouvelle vie,
Il se fit un tel échange
Que mon Bien-Aimé est à moi,
Et je suis à mon Bien-Aimé.
Il me lança une flèche,
Trempée au venin de l'amour,
Et mon âme ne fit plus qu'un
Avec son Créateur ;
Depuis je ne veux d'autre amour
Puisqu'à mon Dieu je suis livrée.
Oui, mon Bien-Aimé est à moi,
Et je suis à mon Bien-Aimé.
Ô Seigneur, mon Dieu ! Tes paroles sont des paroles de vie.
Où les hommes trouveraient l'accomplissement de leurs souhaits
S’ils y cherchaient ce qu'ils désirent.
Fais donc, mon Dieu, que tes paroles ne s'effacent jamais de ma mémoire.
Aie compassion, ô mon Créateur, de tes créatures !
Considère que nous ne nous comprenons pas nous-mêmes ;
Que nous nous égarons bien loin de ce que nous désirons.
Donne-nous la Lumière, ô mon Dieu !
Considèrez qu'elle nous est plus nécessaire qu'elle n'était à l'aveugle-né,
Car ne pouvant voir, il désirait de voir ;
Mais nous sommes aveugles, et nous voulons l'être.
Dieu de mon cœur ! Seul Dieu véritable,
Combien grande est la demande que je te fais,
Lorsque je te demande d'aimer ceux qui ne t’aiment pas,
D’ouvrir à ceux qui ne frappent pas à ta porte,
Et de guérir ceux qui non seulement prennent plaisir à être malades,
Mais qui travaillent même à entretenir et à augmenter leurs maladies ?
Ne considère pas, mon Dieu, notre aveuglement ;
Regarde-nous, Seigneur, comme l'ouvrage de tes mains :
Sauve-nous par ta bonté et par ta miséricorde !