Pâques selon la Bible

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Où est Dieu?

Autrice : Lorraine Caza cnd, théologienne, Université Saint-Paul (Ottawa)

Dans le petit catéchisme d’avant Vatican II, à la question « Où est Dieu ? », on attendait de l’élève qu’il ou qu’elle réponde : « Dieu est partout ». Puis, vient l’expérience d’événements comme celui du 11 septembre 2001 ou, à l’échelle personnelle, l’expérience d’un deuil, d’une rupture dans une relation précieuse, un accident bête qui change le cours d’une vie… Du cœur humain peut alors jaillir le cri : mais où est Dieu ? Serait-il distrait ? Nous aurait-il oubliés, abandonnés ?

Devant une telle question, une personne qui a donné sa foi au Christ est invitée à interroger la vie de Celui qui a pris sur Lui notre condition humaine. Il a voulu nous rejoindre jusqu’au plus profond de notre expérience. Aurait-il connu ce que c’est de se sentir seul face à une situation pénible, impossible ?

Si l’on accueille les témoignages des évangélistes Marc et Matthieu sur la passion et la mort de Jésus, celui-ci, au moment de mourir, aurait crié d’un grand cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Selon ces récits, Jésus aurait donc connu ce que c’est de se sentir abandonné de Dieu, de « son » Dieu, et de ne pas comprendre pourquoi cela lui arrive. Voilà deux très grandes épreuves réunies : se sentir abandonné de Celui sur qui toute sa vie est fondée et ne pas être en mesure de trouver une explication de cet abandon.

Toute personne familière de la Bible reconnaît dans le cri d’abandon proféré par Jésus le cri de tant de fidèles de Yahvé qui, pendant des siècles, ont prié le psaume 22 qui commence par cette même question à Dieu : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Les évangélistes nous présentent donc, en Jésus mourant sur la croix, quelqu’un qui a partagé la souffrance de tant d’hommes et de femmes de son peuple qui, au long des âges, ont fait leur ce cri.

Oh ! qu’Il se montre l’un de nous, Emmanuel, en vivant une expérience que tant d’êtres humains, un jour ou l’autre dans leur vie, ont à vivre. Mais, pour bien recueillir le message de Jésus mourant, il faut sans doute prendre le temps de lire le psaume 22 qui commence par le fameux pourquoi. Une telle lecture nous permet de voir que les deue de la vie est exprimée dans de puissants symboles : le voile du temple se déchire du haut en bas, expression qu’une révélation se produit, et le centurion romain, chef du peloton d’exécution de Jésus, païen, confesse que Celui qui meurt ainsi est vraiment le Fils de Dieu. Au lieu même de la mort de Jésus naît un disciple de Jésus. Au lieu même où un médecin divin, un maître divin fait l’expérience, avec nous et pour nous, de « ne pas pouvoir » et de « ne pas savoir », une puissance autre, une sagesse autre éclatent. Nous sommes dans le monde de la Résurrection.

 

Image ©  Depositphotos

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Pâques selon la Bible

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(Sylvain Campeau)
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Où est Dieu?
(Lorraine Caza)
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Le grand matin
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