À la question de Pierre : « Combien de fois pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois ? » (Matthieu 18, 21), Jésus riposte : « … jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Matthieu 18, 22), expression qui s’inspire d’un poème au sujet de Lamech dans l’esprit de la vengeance (voir Genèse 4,24). À la réaction en chaîne des représailles sans fin, Jésus oppose une fraternité disposée à un pardon sans limite. En tant que prédicateur, Jésus illustre sa réponse en racontant la parabole du débiteur impitoyable (Matthieu 18, 23-35), une allégorie qui pose la question du pardon à travers l’image d’une remise de dettes que les emprunteurs ont du mal à honorer.
Dans ce récit, Jésus désire attirer l’attention non pas sur le comportement du serviteur gracié, domestique ingrat et impitoyable, mais sur celui du roi miséricordieux. Celui-ci, « pris de pitié », tire un trait sur le dû inouï de son serviteur. Par cette courte histoire, Jésus montre que nous sommes des débiteurs insolvables devant Dieu. Sans sa grâce, point de rémission de nos fautes.
Pardonnés d’une manière incomparable et gratuite par Dieu, nous devons tous avoir les uns pour les autres cette même pitié que Dieu exerce à notre égard. Nous n’avons aucune raison de mesurer chichement notre pardon puisque Dieu offre le sien en toute gratuité, et qu’il pardonne infiniment plus que nous n’aurons jamais à pardonner. Cette parabole, rejoignant la prière du Notre Père (Matthieu 6,12), nous invite à pardonner à notre prochain, sans calcul, indéfiniment, tel qu’exprimé dans la réponse de Jésus à Pierre.
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