Toutes les paraboles de Jésus sont belles, mais celle de l’enfant prodigue nous touche particulièrement. Nous nous reconnaissons dans les personnages de la parabole : le fils cadet qui a quitté le toit familial et qui reconnaît son erreur, le père qui l’attend depuis son départ et qui lui pardonne à son retour, et le fils aîné qui est demeuré près de son père mais sans entrer vraiment en communion avec lui.
Autrefois, on parlait de « la parabole de l’enfant prodigue » en mettant l’emphase sur le premier personnage. Celui-ci nous impressionnait par la misère dans laquelle il était tombé en s’éloignant de son père et par la conversion, intéressée peut-être mais sincère, qui le ramenait vers lui. Mais aujourd.hui, on parle plus volontiers de « la parabole du père miséricordieux », en mettant surtout en lumière la générosité du père qui attend, accueille et réintègre dans sa dignité son fils « qui était perdu et qui est retrouvé ».
De fait, la pointe de la parabole porte sur l’attitude du père. Dans toutes les paraboles de Jésus, il y des exagérations, à première vue scandaleuses parfois, qui attirent l’attention des auditeurs et soulignent l’aspect que le Seigneur veut illustrer. Ici, l’exagération, on la trouve dans la façon d’être et d’agir du père, trop débonnaire selon les critères habituels à l’endroit du fils perdu qui revient au bercail. Il en met trop, comme on dit : trop d’attente de celui qui est parti, trop d’empressement à l’accueillir lorsqu’il revient, trop d’effusions, trop de facilité dans le pardon, trop d’honneurs dévolus à celui qui a voulu s’émanciper, trop de joie, trop de fête.
Jésus veut ainsi enseigner et mettre en valeur la bonté et la miséricorde de Dieu. Il veut nous en convaincre, car ce n’est pas évident pour personne. Lorsque nous revenons vers lui après nos égarements, nous avons peut-être parfois, comme le fils prodigue, une piètre idée de Dieu. Nous pensons qu’il va nous admettre ou réadmettre dans sa maison comme journaliers seulement, mais c’est toujours comme fils et comme filles qu’il nous attend.
Dans la ligne de cette parabole, le pape François nous rappelle dans le document d’introduction au Jubilé de la miséricorde, que « la miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde » (bulle Misericordiae Vultus, no 2). Parler de la miséricorde de Dieu, c’est rappeler sa bonté, sa compassion, sa patience et la joie qu’il éprouve à pardonner. Pour nous, disciples du Christ, c’est ce qui caractérise le Dieu de Jésus.
En conséquence, « là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver un oasis de miséricorde » (idem, no 12). « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. C’est un programme de vie aussi exigeant que riche de joie et de paix » (idem, no 13).
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